CPO, MSP, CSMS, OCPP, OCPI : le lexique de la recharge électrique, expliqué simplement

Les cinq sigles qui reviennent dans tout projet de recharge de véhicules électriques, expliqués sans jargon, avec ce qu'ils impliquent concrètement au Maroc.

Toute discussion sur la recharge électrique finit par buter sur les mêmes sigles. Ils désignent pourtant des choses simples : qui possède la borne, qui vend l’accès, quel logiciel pilote quoi, et par quel langage les machines se parlent.

CPO: Charge Point Operator

Le CPO est l’opérateur du point de charge. C’est lui qui exploite la borne : il la supervise, fixe les tarifs, gère les pannes et encaisse les sessions.

Attention à la confusion la plus fréquente : le CPO n’est pas forcément le propriétaire. Un hôtel peut acheter ses bornes et confier l’exploitation à un CPO tiers. Inversement, un CPO peut installer et posséder des bornes sur le parking de quelqu’un d’autre, contre un partage de revenus.

Au Maroc, les réseaux publics visibles aujourd’hui sont opérés par une poignée de CPO, souvent adossés à des stations-service.

MSP: Mobility Service Provider

Le MSP, parfois appelé eMSP, est le fournisseur de service de mobilité : celui qui donne au conducteur son moyen d’accès. Une app, une carte RFID, un badge, et une facture unique à la fin du mois.

La différence avec le CPO tient en une phrase : le CPO détient la borne, le MSP détient la relation avec le conducteur.

C’est pour cela qu’un conducteur peut recharger sur des bornes appartenant à dix opérateurs différents sans avoir dix comptes. Son MSP paie les CPO pour lui, puis lui envoie une seule facture.

CSMS: Charging Station Management System

Le CSMS est le logiciel qui pilote les bornes. C’est la couche que l’on voit rarement mais sans laquelle rien ne fonctionne : elle affiche l’état de chaque connecteur, applique les tarifs, démarre et arrête les sessions, produit la facturation et remonte les pannes.

On lit aussi parfois CPMS (Charge Point Management System). Dans la pratique courante, les deux termes désignent la même chose.

Un point mérite d’être souligné, parce qu’il est la source d’erreur la plus coûteuse dans un projet : une borne sans CSMS n’est pas un service, c’est une prise. Elle facture mal ou pas du tout, personne ne sait qu’elle est tombée en panne, et elle continue d’apparaître comme disponible sur les cartes.

OCPP: Open Charge Point Protocol

L’OCPP est le langage entre la borne et le CSMS. C’est un protocole ouvert, ce qui a une conséquence directe et très concrète : une borne compatible OCPP peut changer de logiciel de supervision sans être remplacée.

Deux versions comptent aujourd’hui :

  • OCPP 1.6, la plus répandue sur le parc installé ;
  • OCPP 2.0.1, qui ajoute notamment une gestion plus fine du smart charging et de la sécurité.

Avant tout achat de matériel, une seule question à poser au fournisseur : la borne est-elle réellement compatible OCPP, et dans quelle version ? Une borne qui ne parle qu’un protocole propriétaire vous enferme chez son fabricant pour toute sa durée de vie.

La plateforme Chargma est compatible OCPP 1.6 et 2.0.1, toutes marques confondues.

OCPI: Open Charge Point Interface

Si l’OCPP fait parler la borne avec son logiciel, l’OCPI fait parler les réseaux entre eux. C’est le protocole du roaming : il permet à un conducteur abonné chez un opérateur A de recharger sur une borne de l’opérateur B, avec un échange automatique des données de session et de la facturation.

Pour un exploitant de bornes, l’OCPI a un effet simple : vos bornes deviennent visibles et utilisables depuis les applications d’autres opérateurs. Vous élargissez votre base d’utilisateurs sans faire un seul euro de marketing supplémentaire.

Chez Chargma, le roaming OCPI est une option à 299 MAD par mois.

Comment ces cinq pièces s’emboîtent

Le schéma est plus simple que les sigles ne le laissent croire :

Le conducteur utilise l’app de son MSP. Cette app démarre une session sur une borne exploitée par un CPO. La borne parle à son CSMS en OCPP. Si le MSP et le CPO ne sont pas la même entreprise, ils règlent leurs comptes en OCPI.

Une même société peut occuper plusieurs rôles à la fois : c’est le cas de Chargma, qui fournit le CSMS aux exploitants, opère en tant que CPO, et propose l’app côté conducteur.

Ce que ça change pour votre projet

Si vous installez des bornes, vous êtes candidat au rôle de CPO, même sans le savoir, et même si vous ne visez pas le grand public. La question n’est alors plus « quelle borne acheter » mais « qui la supervise, qui facture, et que se passe-t-il quand elle tombe en panne un dimanche ».

C’est exactement la couche que nous opérons. Parlons-en.

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